AU VOLANT DE LA NOUVELLE SKODA ENYAQ 85

Rédigé le 31/03/2025
Laurent

PREMIER
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SKODA ENYAQ

Le reportage Sport-Auto.ch du 31 mars 2025

Texte: Laurent Missbauer
Photos: Laurent Missbauer et Skoda

Qui n’avance pas recule! Fort de cet adage, Skoda a considérablement amélioré son Enyaq 100% électrique. Celle-ci a beau être une véritable success story – plus de 270’000 exemplaires ont en effet été commercialisés depuis son lancement en 2020 et elle a été la 3e voiture électrique la plus vendue d’Europe en 2024 –, elle n’a pas incité les ingénieurs tchèques à se reposer sur leurs lauriers. La seconde génération de la Skoda Enyaq s’avère en effet encore plus aboutie que la première. C’est en tout cas ce que nous avons constaté lors de sa présentation en République tchèque où nous l’avons essayée sur très exactement 472 km, à savoir le trajet aller-retour entre l’aéroport de Prague et la station touristique de Lipno, au sud du pays, non loin de la frontière autrichienne.

La première chose que nous remarquons, en regardant les différentes Enyaq «Model Year 2025» stationnées devant l’Hôtel Courtyard by Marriott de l’aéroport de Prague, c’est que les lignes de ce véritable best-seller sont toujours aussi séduisantes. Sa silhouette, tant dans sa version «normale», qui s’apparente à un break, que dans sa version «Coupé», avec son arrière «fastback», est incontestablement réussie. Certains n’hésitent pas à relever que son allure générale est davantage réussie que celle de ses cousines Audi Q4 e-tron et Volkswagen ID4 construites sur la même plate-forme électrique. En tout cas, de ces trois modèles, c’est la Skoda Enyaq qui se vend le mieux. Les statistiques d’Auto-Suisse révèlent en effet les chiffres suivants pour 2024: 3204 immatriculations pour la Skoda Enyaq, 2690 pour l’Audi Q4 e-tron et seulement 981 pour la Volkswagen ID4.

Au moment de choisir le modèle qui nous accompagnera pendant un peu plus de 200 km, jusqu’à Lipno, nous optons pour une Skoda Enyaq «Vert Olibo», un nouveau coloris qui se marie parfaitement avec l’intérieur «Cognac» de la finition «Design Selection Eco Suite». Celle-ci dispose de sièges très élégants recouverts «de cuir tanné à l’aide d’extraits de feuilles d’oliviers», un matériaux dont disposait également la Skoda Superb Combi 2.0 TDI récemment essayée. Les modèles Sportline bénéficient quant à eux de sièges sport.

Au volant, nous nous retrouvons en terrain connu par rapport à la Skoda Enyaq de la première génération. Le volant, toutefois, ne comporte plus, en son centre, le logo Skoda, à savoir la célèbre flèche ailée. Celle-ci est remplacée par les cinq lettres SKODA en caractères majuscules qui adoptent la nouvelle charte graphique de la marque. Même constat à l’avant du véhicule où il est nettement plus facile de différencier les deux générations d’Enyaq. En plus des cinq lettres SKODA à la place de la flèche ailée, les nouvelles Enyaq bénéficient d’une partie frontale entièrement nouvelle.

Elles adoptent en fait le nouveau langage stylistique, appelé «Modern Solid», qui a effectué ses débuts avec la Skoda Elroq. Du coup, la «Crystal Face» en verre de l’Enyaq de la première génération, qui évoquait le cristal de Bohème et dont les nervures étaient éclairées par 130 LED, a laissé sa place à de fins cils verticaux. Ceux-ci surmontent la «Tech-Deck Face» qui abrite notamment les capteurs du système radar et la caméra frontale. Et, de chaque côté de ces cils verticaux, ont pris place les éclairages LED avec quatre «yeux» qui sont désormais la nouvelle signature visuelle de SUV Skoda. Quant aux phares de base, ils utilisent des LED pour toutes les fonctions d’éclairage et les feux Matrix LED ajoutent une animation Coming/Leaving Home intégrant la bande lumineuse. Ceux-ci sont disponibles pour tous les modèles dans le «pack Advanced», en option, tout comme l’affichage tête haute avec réalité augmentée dont était équipé notre modèle d’essai.

La nouvelle partie frontale de l’Enyaq a également permis d’améliorer le coefficient de traînée. Il est désormais de seulement 0,245 contre 0,256 pour le modèle précédent. La nouvelle Enyaq Coupé, avec son arrière fastback inspiré de celui de la Skoda 200 RS de 1974, appelé à l’époque la «Porsche de l’Est», atteint un coefficient de traînée encore plus faible: 0,225 contre 0,234 précédemment. Cela contribue à une augmentation de l’autonomie sur le cycle WLTP qui passe de 569 km à 582 km dans l’Enyaq 85 de 286 ch et de 581 km à 591 km dans l’Enyaq Coupé 85.

Le choix de la station touristique de Lipno – située au pied d’un domaine skiable qui surplombe un lac artificiel similaire au lac de la Gruyère en Suisse –, s’explique notamment par le fait qu’elle se trouve à proximité d’une centrale hydroélectrique. Cette dernière est en effet censée mettre en lumière l’engagement de Skoda en faveur du développement durable. Une durabilité qui fait appel, entre autres, à l’énergie renouvelable comme celle produite justement par la centrale hydroélectrique de Lipno. Skoda précise par ailleurs que le lac de Lipno, d’une superficie de près de 50 km2, est le plus grand lac artificiel de la République tchèque et que la production d’énergie quotidienne de sa centrale hydroélectrique pourrait théoriquement alimenter une Skoda Enyaq 85 sur environ 25 millions de kilomètres!

Pour notre part, le trajet de retour de 229 km depuis Lipno jusqu’à l’aéroport de Prague a été effectué par «notre» Skoda Enyaq 85 Sportline en 2h56 à une vitesse moyenne de 78 km/h sur un parcours mélangeant à parts égales aussi bien des routes normales que des autoroutes empruntées à chaque fois aux vitesses maximales autorisées, soit 90 et 130 km/h. Cela pour une consommation moyenne de 24,3 kWh/100 km. En comparaison, même si il ne s’agissait pas du même parcours, l’Enyaq Coupé RS que nous avions essayée il y a deux ans – avec une puissance et des performances comparables (299 ch contre 286 ch et le 0 à 100 km/h abattu en 6,5 secondes contre 6,7 secondes) – nous avait permis d’enregistrer une consommation moyenne de 27 kWh/100 km. Cela dans un confort, un silence et un caractère dynamique, notamment sur les petites routes sinueuses du parcours, qui ne prêtent le flanc à aucune critique majeure, si ce n’est un certain roulis dans les virages négociés à vive allure.

Sachez encore que le lancement sur le marché suisse des nouvelles Enyaq sera échelonné du 24 au 26 avril et que les prix des Enyaq 85 et Enyaq Coupé 85x (x désignant ici les modèles à quatre roues motrices) débutent respectivement à 51’400 et à 62’800 francs. La version RS, celle qui avait valu dans notre article d’il y a deux ans le qualificatif de «Porsche Taycan de l’Est» à la Skoda Enyaq RS de 2023, arrivera quant à elle «dans le courant de ces prochains mois» et contribuera certainement à renforcer l’excellente santé de Skoda.

Le constructeur tchèque a en effet enregistré en 2024 la meilleure année de toute son histoire avec 926’600 véhicules livrés dans le monde entier et il n’entend guère s’arrêter en si bon chemin. Ses responsables nous ont en effet dévoilé à Lipno les premières images d’autres nouveaux modèles entièrement électriques, dont l’Epiq, un crossover urbain, ainsi qu’un grand SUV familial électrique qui est dérivé du prototype Vision 7S. Il s’agit là d’une politique d’expansion, fidèle à l’adage «Qui n’avance pas recule» évoqué au début de cet article!