POLESTAR WINTER TESTDRIVE

Rédigé le 05/03/2025
Anthony

POLESTAR

WINTER DRIVE

Le reportage Sport-Auto.ch du 6 mars 2025

Rédaction : Anthony Monnier
Photographies : Anthony Monnier et D. R. Polestar

Après nos essais des Polestar 1 et Polestar 2, nous voici invités à Saalbach Interglemm, dans les Alpes autrichiennes, pour la découverte des modèles 3 et 4 ! Entre les routes rapides de fond de vallée et les petits chemins enneigés, comment se comportent les modèles de la marque scandinave dans des conditions hivervales? Réponse dans cet article.

La marque met en avant l’aptitude de ses voitures à bien gérer les basses températures, notamment au niveau de la gestion la batterie ou du chauffage, mais aussi du comportement routier de celles-ci dans des conditions d’adhérence précaires. Les conditions lors de cet évènement dans les Alpes autrichiennes sont donc idéales. Mais tout d’abord, un retour en arrière s’impose.

L’histoire de Polestar débute en 1996 sous le nom de Flash Engineering, une écurie fondée par Jan “Flash” Nilsson. En 2005, Nilsson revend cette écurie à Christian Dahl qui la renomme Polestar Racing et prépare des Volvo pour la compétition. Un partenariat est conclu avec le constructeur suédois : Polestar devient le préparateur officiel de Volvo, ce qui se concrétisera par d’excellents modèles, comme la S60 Polestar. La petite société devient ainsi la division haute performance du constructeur scandinave. En 2017, la marque évolue et devient une entité indépendante, se concentrant exclusivement sur les véhicules électriques.

Son premier modèle, la Polestar 1, un coupé hybride rechargeable produit à 1500 exemplaires, sort en 2019, suivi de la Polestar 2, une berline entièrement électrique. Aujourd’hui, la marque à l’étoile propose toujours la Polestar 2, mais également un SUV, la Polestar 3 et un cross-over coupé, la Polestar 4.

La marque se caractérise par une esthétique minimaliste, une approche durable et une technologie électrique avancée tout en gardant son héritage sportif et le haut niveau de sécurité qui a fait la réputation des voitures scandinaves. Trois modèles sont prévus dans un futur proche : cette année encore, la Polestar 5, limousine sportive en concurrence directe du Porsche Taycan ; la Polestar 6, cabriolet sportif et la Polestar 7, un SUV compact.

Après mon arrivée à l’hôtel Goldstück et une brève présentation du modèle, je me retrouve au volant d’une Polestar 4. Celle-ci reprend globalement le profil de la Polestar 2 mais avec des lignes plus fluides, lui donnant ainsi un design athlétique et une forme de Crossover Coupé tout en gardant ses portes arrière.

La batterie de 100 kWh, alimente un ou deux moteurs selon la version, pour une puissance allant de 272 et 544 ch. En configuration à deux moteurs, les accélérations sont impressionnantes. La motricité est excellente malgré les pneus d’hiver et la route froide. Les enfilades de virage se négocient avec facilité, grâce notamment à un centre de gravité bas, la batterie étant logée dans le plancher. Toutefois, il n’est pas évident de jouer avec les limites de la voiture en raison d’un manque de sensations de conduite, principalement au travers du volant et du pédalier : Les freins sont difficiles à doser lors des gros freinages et la réaction à la pression de l’accélérateur subit un certain retard.

Le lendemain, après un copieux déjeuner, place à la présentation de la Polestar 3, avant d’en prendre le volant. A l’ouverture de la porte, je peux constater qu’un gros travail a été effectué sur l’éclairage intérieur. Tant de jour avec l’éclairage naturel au travers du toit panoramique, que de nuit avec un éclairage intérieur personnalisable dans des tons pastel, reposants pour les yeux. Polestar met également en avant sa volonté de contenir l’empreinte carbone de ses modèles, avec, notamment, une majorité de matériaux recyclés pour les composants intérieurs. Ainsi, une Polestar 3 émettra 24.7 tonnes de CO2 tout au long de son cycle de vie, contre 35 tonnes en moyenne pour un véhicule électrique.

Disponible dans des puissances allant de 299 à 517 ch et disposant d’une batterie de 111 kWh, la Polestar permet une autonomie jusqu’à 706 km en cycle WLTP. Après quelques kilomètres sur route principale, nous nous retrouvons sur une petite route enneigée et passablement pentue. La Polestar 3 disposant du vecteur de couple, chaque roue peut ainsi être amenée à sa limite d’adhérence et je ne détecte aucun patinage lors de cette montée.

La différence entre la capacité nette et brute de la batterie m’interpelle, tant sur la Polestar 3 que la Polestar 4. En effet, si habituellement, les voitures électriques utilisent 80% de la capacité de leur batterie, les modèles Polestar montent à 96%. Ce taux d’utilisation nécessite une gestion très poussée de la température de la batterie ainsi qu’une excellente isolation thermique, car des surchauffes locales pourraient facilement endommager les cellules de façon irréversible. De plus, afin de diminuer la perte d’autonomie de la batterie, celle-ci est maintenue en permanence en température, notamment lors de grands froids.

Proposée à partir de CHF 62’900 en version de base, la Polestar 4 se place en digne héritière de la Polestar 2, alors que la Polestar 3, disponible à partir de CHF 78’800, permet d’entrer dans le marché déjà bien fourni des SUV électriques. Le point faible des voitures électriques étant leur autonomie par basses températures, Polestar a ainsi développé un réel savoir-faire et des solutions techniques afin d’optimiser le fonctionnement de ses modèles par toutes températures. En Suisse, cet argument pourrait être décisif pour la clientèle résidant en altitude. Nous aurons l’occasion de revenir plus en détail sur les modèles 3 et 4 avec des essais complets à paraître prochainement.

Merci à Polestar Suisse pour cette invitation au Polestar Winter Drive en Autriche. 

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