ESSAI ALFA-ROMEO GIULIA QUADRIFOGLIO MY24

Rédigé le 13/03/2025
Nicolas

ALFA ROMEO
GIULIA QUADRIFOGLIO
MY24

L’essai Sport-Auto.ch du 13 mars 2025

Rédaction : Nicolas Mari
Photographies : Nicolas Mari, Bob de Graffenried

Voici presque 10 ans que les voiles se sont levés à la présentation de l‘Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, qui a eu lieu le 24 juin 2015. A l’aube de ce cap symbolique, la berline italienne est toujours au catalogue du constructeur milanais dans sa version ajournée MY24, dont nous avions découvert nos premières impressions durant les chaudes journées du Mans Classic 2023. Mais comment cette version mise à jour transforme la Giulia Quadrifoglio en conditions hivernales ? Peut-on envisager un road trip vers des stations de ski avec cette berline sportive familiale ? Nous avons traversé les Alpes d’ouest en est pour le découvrir.

Le design de la Giulia Quadrifoglio n’a pas fondamentalement changé depuis son début. Ailes imposantes, grand diffuseur arrière et jantes à 19 pouces soulignent une harmonie entre agressivité des lignes et élégance visuelle. De nouveaux phares full LED viennent apporter un nouveau regard à la berline italienne. Ils sont équipés de système d’éclairage adaptatif mais ne sont pas directionnels, comme pouvaient l’être les optiques des versions précédentes. Les phares arrière sont teintés, et le spoiler arrière en carbone est de série. Sous celui-ci, le coffre arrière de 480 litres permet d’y enfiler des skis grâce à la banquette arrière (de 3 places) rabattable.

0-100km/h (s) : 3.9

Vmax (km/h) : 308

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 3.3

propulsion
V6 2.9L Bi-turbo
520 ch / 600 Nm
1’735 kg

L’équipement intérieur est élargi par rapport aux modèles précédents, avec des éléments en fibre de carbone à l’aspect visuel 3D valorisant le tableau de bord, le tunnel central et les revêtements de porte. Le levier de vitesse offre un toucher plus qualitatif que les versions d’avant 2020. Le volant et sièges avant sont chauffants, réglables électriquement, avec fonction mémoire pour conducteur. Tant de fonctionnalités qui ne sont pas forcément de série chez la concurrence allemande. La qualité de finition globale est bonne, mis à part un léger bruit de craquement dans le tableau de bord de ce véhicule totalisant plus de 28’000 kilomètres d’essais de presse divers.

Le nouveau combiné d’instrument central derrière le volant, désormais entièrement numérique, reprend le design classique dit ‘cannocchiale’ des Alfa Romeo historiques. Bien qu’agréable à regarder, il pourrait être encore plus pléthorique au niveau des réglages et vues, comme le fait par exemple Audi. Alfa Romeo ne propose pas d’affichage tête-haute en option. Cela aurait éventuellement pu être utile, vu la puissance de la voiture disponible.

L’écran central n’est pas très large (8,8 pouces), mais a le mérite d’être bien intégré au tableau de bord et non placé en proéminence comme bon nombre de nouvelles voitures. Son interface est simple mais l’essentiel y est, et le sélecteur rond sur la console centrale est utile pour les actions basiques rapides sans devoir toucher l’écran en roulant. Beaucoup de fonctionnalités intéressantes y sont disponibles, comme par exemple un graphique des consommations ou tout simplement… un mode d’emploi didactique de la voiture.

Sur les trajets urbains, la Giulia se faufile dans le trafic avec aisance. La boîte automatique à 8 vitesses choisit d’être particulièrement bas dans les tours. Une voiture s’arrête brusquement devant vous ? Le freinage d’urgence vous le signale par une stridente sonnerie de klaxon des années 60. Etonnant, mais sympa. Le régulateur de vitesse adaptatif, les capteurs de stationnement avant et arrière avec caméra de recul sont fournis de série. Cette dernière est particulièrement utile, car la visibilité arrière n’est optimale, surtout avec les vitres teintées livrées d’office.

Sur autoroute, la Giulia Quadrifoglio MY24 est étonnamment silencieuse. Le moteur se montre très discret et docile : il consomme moins de 8l/100km. La Giulia est une excellente voyageuse. Même après des heures de conduite, les sièges ne provoquent pas de mal de dos. On profite du système audio Harman Kardon (de série), particulièrement qualitatif et bien paramétré.

Durant notre trajet traversant les Alpes jusqu’en Engadine, afin d’assister au concours d’élégance The ICE St-Moritz, nous avons pu profiter de diverses typologies de routes alpines. On bascule en mode Dynamic. La sensibilité de l’accélérateur devient plus directe, voire trop lorsqu’on est dans des embouteillages. Dans ce cas il est mieux d’opter pour les autres modes Normal ou All Weather, ce dernier étant utile si on cherche une sensibilité de l’accélérateur particulièrement douce, idéale dans des conditions d’adhérence précaires. Ces modes ne vous gratifieront cependant pas de l’ouverture les clapets de l’échappement à partir de 4000 tours. A ce sujet, certains regretteront éventuellement un son trop peu perceptible, même en mode Race. Certaines marques concurrentes, comme par exemple BMW, arrivent à faire mieux (plus fort) sur ce point. Il faut cependant préciser que notre version n’était pas équipée du système Akrapovic, disponible dans les versions optionnées de la gamme Quadrifoglio.

La route des Centovalli au Tessin, les virages se suivent en continu les uns après les autres, met en avant l’agilité impressionnante de la Giulia Quadrifoglio. Le train avant est accrocheur, la direction ultra précise et offre un sentiment de légèreté rare dans ce segment de voitures. La tenue de cap est exemplaire, malgré les pneus d’hiver. Des courbes ? Elle en redemande. Des réglages de châssis inspirés des GTA et GTAm, et la présence d’un différentiel autobloquant AlfaTM Q2 mécanique (de série) provoquent une réponse du train arrière plus immédiate à l’inscription en courbe. Les roues postérieures en carrossage négatif participent également à cette agilité. Sur les routes abimées, le bouton des suspensions Soft fait des miracles et offre un bon compromis entre sport et confort. De plus, la hauteur de caisse correcte fait qu’on ne frotte jamais la route.

Les routes sinueuses des Grisons ont permis, elles, de mettre en valeur les qualités du moteur V6 de 520 ch, qui est plein, sans turbolag et avec une allonge qui vous propulse qu’importe le rapport enclenché. Son couple de 600 Nm est déjà disponible à 2500 tours. En pratique ? Cela signifie que vous pouvez vous pouvez entrer tard dans les épingles serrées en 2ème, et malgré tout ressortir avec une poussée impressionnante. La motricité est bien meilleure qu’espéré en mode Dynamic. En modalité Race (ESC OFF), les roues arrière se dandinent à l’accélération si la chaussée est froide ou mouillée, mais sans provoquer de grandes frayeurs. De toute manière, à migaz la poussée est déjà amplement suffisante pour avoir un rythme décent sur les routes secondaires, et ce même en températures négatives, sans se faire surprendre.

La boîte engrène les rapports sans broncher. Son étagement plus court que la boîte manuelle (qui n’est plus proposée) est idéal. Bon point également pour le levier central, qui permet de passer les vitesses à la main droite en complément des palettes, ce que les récentes berlines allemandes n’offrent plus. Il est même agréable de l’utiliser en continu lors des conduites extra-urbaines.

La gamme actuelle Quadrifoglio est séparée en 3 finitions : notre version de base Quadrifoglio (CHF 107’990.-), puis la Quadrifoglio Performante (CHF117’990.-, avec système d’échappement Akrapovic et toit en carbone), et enfin la Quadrifoglio Competizione (CHF 135990.-, incluant tous les équipements de la Performante, plus les freins carbones céramiques Brembo et les sièges baquets Sparco). Une BMW M3 berline équivalente (480 ch, propulsion) s’échange à partir de CHF 122400.-, et une Mercedes C63 S E Performance (680 ch et transmission intégrale) à partir de CHF 134100.-. Malheureusement, la production de la Giulia Quadrifoglio semble arriver à son terme ce printemps 2025 alors… dépêchez-vous !

L’avis de Sport-Auto.ch

Même en absence de restylages très profonds ou mises à jour fondamentales depuis 2015, l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio MY24 reste une référence dans les berlines sportives et se distingue toujours dans l’océan de nouvelles voitures de plus en plus insipides et alourdies. Avant cet essai, je m’attendais à une voiture piégeuse à conduire en conditions hivernales, mais j’avais tort. Elle offre une double personnalité entre calme, vitesse et précision en conduite sportive. Est-ce la berline sportive la plus attachante à acheter actuellement ? Pour mieux répondre à cette question, nous avons décidé de la confronter à sa propre histoire et vous proposerons bientôt un comparatif avec la première génération de Giulia Quadrifoglio de 2016, équipée de la boîte manuelle, afin de mesurer l’évolution de son caractère au fil des années. Restez connectés sur Sport-Auto.ch !

nicolas[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Combinaison moteur + légèreté du châssis
  • Confortable et bonne voyageuse
  • Consommation basse en conduite normale
  • Plaisir de conduite 
  • Moteur coupleux
Contre...
  • Visibilité arrière
  • Personnalisation intérieure restreinte
  • Graphismes de l’écran central peu renouvelés
  • Fin de production prochainement

Merci à Alfa Romeo Switzerland et Astara Switzerland pour le prêt de cette Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio MY24.

Articles Alfa-Romeo:
Tous nos essais de A à Z :