ESSAI SKODA SUPERB COMBI 2.0 TDI L&K

Rédigé le 06/03/2025
Bob

SKODA
SUPERB COMBI
2.0 TDI L&K

L’essai Sport-Auto.ch du 6 mars 2025

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

La marque Skoda ne vous évoque probablement pas le raffinement en premier lieu. Pourtant, depuis bientôt 25 ans, la Skoda Superb occupe une place de choix parmi les grandes routières. Présentée en 2024, la quatrième génération s’inscrit dans la continuité du modèle. A contre-courant avec le marché actuel, la voiture que nous essayons aujourd’hui joue la carte du conservatisme : moteur 2.0 TDI de 193 ch et carrosserie break, deux attributs qui ont disparu de nombreux catalogues. Alors, est-ce vraiment « dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes » ? Eléments de réponse à travers un nouvel essai hivernal.

Extérieurement, cette quatrième génération comporte plusieurs éléments distinctifs : nouveaux phares à LED matriciels à 36 segments, calandre octogonale, logo 2D sur le capot ou encore lettrage espacé sur le hayon, entre autres. Bien que l’empattement soit resté identique, elle a été rallongée de 40 mm (4,9 m) ce qui a impliqué de revoir la plupart des éléments de sa carrosserie. Les ingénieurs en ont profité pour améliorer son aérodynamisme en abaissant son coefficient de traînée de 15% à 0,25, faisant de cette nouvelle Superb le break Skoda le plus aérodynamique de tous les temps !

Les modifications comprennent un pare-brise plus incliné, une ligne de toit plus épurée, un becquet de toit allongé avec ailettes latérales et des rétroviseurs redessinés. Même le design des jantes a été modifié pour réduire les turbulences. Des déflecteurs optimisés devant les roues avant et des protections de bas de caisse améliorent aussi le flux d’air sous le véhicule. Enfin, notons qu’elle a perdu 15 mm en largeur, ce qui réduit sa surface de pénétration dans l’air.

0-100km/h (s) : 7.4

Vmax (km/h) : 230

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 7.91

4×4
4 cyl. 2.0L turbo TDI
193 ch / 400 Nm
1’760 kg

A l’intérieur, la Skoda Superb offre raffinement et espace. Le toit ouvrant panoramique (CHF 1’450.-) augmente encore virtuellement la taille de l’habitacle. Les grands adultes sont à l’aise à l’arrière même lorsque les sièges avant sont assez reculés. Par rapport à la génération précédente, la garde au toit a été augmentée de 8 mm à l’avant et 7 mm à l’arrière. Le coffre est également très généreux, avec 690 litres contre 660 litres auparavant. La fermeture du hayon par mouvement du pied est en revanche lunatique ; le système ne fonctionne pas toujours lorsqu’on le désire, et ferme parfois le coffre lorsqu’on est en train de peaufiner le chargement…

Trois modèles de sièges avant sont proposés en fonction de la variante d’équipements choisie. Tout en haut de la gamme, la variante « Suite Laurin & Klement » est disponible avec deux accents de design : Suite Black et Suite Cognac, avec des détails spécifiques tels que le lettrage L&K brodé. C’est cette dernière qui équipe notre voiture d’essai. Cette variante est la seule à offrir les sièges « Ergo » à multiples réglages électriques qui permettent de trouver une parfaite position de conduite, même pour les grands gabarits. A l’intérieur des dossiers, dix coussins à commande pneumatique offrent différents programmes de massage avec trois intensités différentes. Le système audio Canton de 725 W (fourni de série dans cette version) dispose de 13 haut-parleurs ainsi que d’un caisson de basses situé dans la roue de secours.

Sous le capot de notre sleeper se trouve un moteur déjà bien connu au sein du groupe VW : le 4 cylindre 2.0 TDI, qui développe ici 193 ch et 400 Nm de couple de 1’750 à 3’500 trs/min. Il est accouplé à une boîte automatique DSG à 7 rapports qui distribue la puissance aux quatre roues. Des moteurs essence sont aussi proposés, dont le plus puissant dispose de 265 ch. Une motorisation hybride rechargeable essence de 204 ch est également disponible, mais celle-ci ne dispose pas de la traction intégrale. A défaut d’être sportif, le 2.0 TDI pourra facilement remorquer une caravane (charge freinée à 12% jusqu’à 2’200 kg) à condition que l’attelage motorisé soit de la partie (CHF 800.-).

A l’usage, la Skoda Superb brille par sa polyvalence et sa capacité à voyager sur de longues distances. En utilisant majoritairement le mode Eco, on peut parcourir 1’000 km même en incluant quelques virées à la montagne. La reconnaissance de panneaux est souvent perfectible, en particulier sur les zones 30 nocturnes où le système n’arrive pas à lire l’heure indiquée sous le panneau, et se met à bipper lorsque l’on roule aux 50 km/h autorisés la journée… Heureusement, il est possible de désactiver cette fonction depuis le volant, tout comme l’assistant de maintien sur la voie intrusif qui se remet en fonction à chaque démarrage… Pour être tranquille, il faut également désactiver la reconnaissance vocale automatique « Laura » qui s’enclenche régulièrement au milieu des conversations…

En dehors de ces quelques gênes, l’ergonomie est convaincante : le volant est doté de vrais boutons et molettes, et l’écran central de 13 pouces est lisible et réactif. Pour régler la température, le chauffage / ventilation des sièges et les modes de conduite, Skoda a développé des « Smart Dials » similaire à ce que l’on peut trouver, par exemple, sur la Jaguar I-Pace. Grâce à leur fonction d’appui et leur écran intégré, ces trois molettes s’avèrent presque aussi pratiques que des boutons, avec pour avantage d’alléger l’habitacle. Suivant cette même logique, le levier de sélection a été déplacé sur la colonne de direction, comme sur les Mercedes.

Sur les routes de montagne, le mode Sport permet de durcir sensiblement les suspensions grâce au Dynamic Chassis Control (DCC+). L’utilisation des palettes situées sur le volant permet de prendre la main sur le changement des rapports, sans que le mode Drive ne se ré-enclenche automatiquement. Avec son empattement généreux, la Superb offre un comportement routier souverain, mais pas sportif. Néanmoins, elle atteint les 100 km/h en 7,4 secondes ; pas si mal pour un break de près de 5 mètres de « seulement » 193 ch. A titre de comparaison, le SUV Skoda Kodiaq, disponible avec le même ensemble moteur-transmission, perd une demie seconde sur cet exercice, la faute à une petite centaine de kilogrammes supplémentaires.

Afin de bénéficier du confort maximum tout en ayant la fonction de roues libres en décélération (coasting), il faudra utiliser le mode Individual qui permet d’ajuster finement la dureté des suspensions qui sont réglées au milieu dans le mode de conduite Eco. Ainsi paramétrée, la Skoda Superb est à la fois confortable et économique, avec une consommation moyenne relevée de 6,6 l/100 km (annoncée à 6,1 l/100 km pour le cycle WLTP). Ici encore, les données parlent en faveur de la Superb Combi, puisque le SUV Kodiaq consomme 0,3 l/100 km de plus sur le cycle WLTP lorsqu’il est équipé du même moteur.

Enfin, si l’envie vous prend de vous aventurer en dehors des routes goudronnées, sachez que l’anti-patinage de la Superb n’est pas déconnectable. Dans de rares cas, cela pourrait empêcher la voiture de se sortir d’un mauvais pas… Néanmoins, les quelques kilomètres effectués sur la neige n’ont posé aucun problème à la Superb, qui a pu (et dû) se rendre au pied des pistes de ski sans le moindre patinage !

L’avis de Sport-Auto.ch

Située tout en haut de la gamme, cette Skoda Superb Combi « Suite Laurin & Klement » d’essai coûte CHF 67’450.- options comprises. Cela peut sembler beaucoup pour une Skoda, mais ainsi parée, la Superb offre des prestations qui la rapprochent de certains modèles plus luxueux et donc aussi plus chers.

Si les SUV dominent le marché depuis des années, l’essai de cette Skoda Superb démontre que les breaks restent pertinents pour la clientèle à la recherche d’espace, le tout avec une consommation et un poids qui demeurent inférieurs à un SUV disposant d’un volume et de performances équivalents.

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Autonomie
  • Espace à l’arrière
  • Sièges ergonomiques
  • Equipements
  • Suspensions pilotées
Contre...
  • Commande vocale irritante (désactivable)
  • Antipatinage non déconnectable
  • Reconnaissance des panneaux perfectible

Merci à Skoda Suisse pour le prêt de cette Skoda Superb Combi L&K.

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